L’industrie cosmétique traverse actuellement une transformation majeure vers la durabilité environnementale. Face à une prise de conscience croissante des consommateurs concernant l’impact écologique de leurs habitudes beauté, identifier les produits réellement respectueux de la planète devient un enjeu crucial. Entre multiplication des labels, complexité des compositions INCI et innovations packaging, décrypter l’offre cosmétique durable nécessite une approche méthodique et éclairée.

Cette quête de cosmétiques écoresponsables s’inscrit dans un contexte où l’empreinte carbone du secteur beauté représente des défis considérables, de l’extraction des matières premières jusqu’à l’élimination des emballages. Les marques développent aujourd’hui des stratégies d’écoconception intégrant biodégradabilité des formules, sourcing éthique et optimisation logistique pour répondre aux attentes d’une clientèle de plus en plus exigeante sur les critères environnementaux.

Labels et certifications écologiques : décryptage des référentiels cosmétiques durables

Le paysage des certifications cosmétiques écologiques présente une diversité de standards qui reflètent différentes philosophies et approches méthodologiques. Chaque organisme certificateur développe ses propres critères d’évaluation, créant parfois une confusion pour les consommateurs souhaitant faire des choix éclairés. La multiplication des labels répond néanmoins à une volonté d’encadrer rigoureusement les pratiques industrielles et de garantir la transparence des processus de fabrication.

Cette diversification des référentiels s’explique par les spécificités géographiques, culturelles et réglementaires des différents marchés cosmétiques. Les exigences varient ainsi considérablement selon que l’on considère les standards européens, américains ou asiatiques, chacun intégrant des priorités environnementales et sanitaires distinctes. L’harmonisation progressive de ces standards constitue un défi majeur pour l’industrie cosmétique mondiale.

Certification COSMOS organic et COSMOS natural : critères techniques et validation

Le référentiel COSMOS établit une distinction fondamentale entre deux niveaux de certification : COSMOS Organic pour les produits biologiques et COSMOS Natural pour les cosmétiques naturels. Cette segmentation permet d’adapter les exigences selon le positionnement souhaité par les marques. Le niveau Organic impose un minimum de 95% d’ingrédients biologiques dans la phase aqueuse et 20% sur l’ensemble de la formule, excluant l’eau et les minéraux.

Les critères COSMOS intègrent également des exigences strictes concernant les procédés de transformation autorisés, privilégiant les méthodes physiques et enzymatiques aux traitements chimiques. La traçabilité des ingrédients constitue un pilier central du système, nécessitant une documentation complète de la chaîne d’approvisionnement depuis l’origine des matières premières jusqu’au produit fini.

Label ecocert et référentiel COSMOS : différences méthodologiques

Bien qu’Ecocert participe au consortium COSMOS, l’organisme conserve ses spécificités méthodologiques héritées de son expérience historique dans la certification biologique. Les auditeurs Ecocert appliquent des grilles d’évaluation particulièrement rigoureuses concernant l’origine géographique des ingrédients et les conditions sociales de leur production. Cette approche holistique distingue Ecocert par son attention portée aux enjeux de commerce équitable et de développement durable.

La fréquence des contrôles Ecocert s’avère également plus soutenue que la moyenne du secteur

La fréquence des contrôles Ecocert s’avère également plus soutenue que la moyenne du secteur, avec des audits annuels sur site et des vérifications documentaires intermédiaires. Pour vous, cela signifie qu’un cosmétique portant le logo Ecocert et la mention COSMOS Organic ou COSMOS Natural a fait l’objet d’un suivi régulier, aussi bien sur la composition que sur les pratiques d’achat, la gestion des déchets ou encore la conformité réglementaire dans le pays de vente.

Sur l’emballage, vous verrez donc généralement un double marquage : le logo Ecocert, qui désigne l’organisme de contrôle, et la mention COSMOS, qui indique le référentiel suivi. En pratique, si vous cherchez un cosmétique à faible impact sur la planète, l’important est moins de distinguer Ecocert des autres certificateurs que de repérer la mention COSMOS et le niveau de certification (Organic ou Natural), qui vous donnent des repères chiffrés sur la part de bio et de naturalité.

Certification nature & progrès : exigences biodynamiques et traçabilité

La mention Nature & Progrès est souvent considérée comme l’une des plus exigeantes pour les cosmétiques écologiques. Historiquement issue du monde agricole, cette association milite pour une agroécologie paysanne et va plus loin que le simple cahier des charges “bio”. Les ingrédients végétaux doivent être certifiés en agriculture biologique, avec une préférence marqué pour l’agriculture biodynamique et les circuits courts, afin de limiter l’empreinte carbone liée au transport.

Contrairement à d’autres labels qui s’appliquent produit par produit, Nature & Progrès évalue la marque dans son ensemble. L’entreprise doit respecter la charte pour la grande majorité de sa gamme, ce qui réduit fortement le risque de greenwashing. La traçabilité est poussée : origine des matières premières, conditions sociales de production, pratiques de transformation, tout est documenté et contrôlé par des audits participatifs associant parfois producteurs et consommateurs.

Le référentiel interdit les ingrédients issus de la pétrochimie, les silicones, les polymères synthétiques non biodégradables et les parfums de synthèse. Seuls quelques ingrédients d’origine animale sont tolérés (comme le miel ou la cire d’abeille), à condition qu’ils proviennent d’élevages respectueux du bien-être animal. Si vous recherchez des cosmétiques à très faible impact environnemental et socialement engagés, repérer le logo Nature & Progrès sur un flacon constitue un indicateur particulièrement solide.

Label BDIH et standard allemand pour cosmétiques naturels contrôlés

Le label BDIH, d’origine allemande, fait partie des pionniers de la cosmétique naturelle contrôlée en Europe. Il repose sur un cahier des charges qui encadre strictement les matières premières autorisées : ingrédients végétaux majoritairement bio, matières premières minérales sélectionnées, exclusion des dérivés du pétrole, des colorants et parfums synthétiques, ainsi que des silicones. Les OGM et les tests sur les animaux sont également interdits.

BDIH se distingue par sa forte exigence sur la biodégradabilité des tensioactifs et des agents lavants, un point clé quand on parle de cosmétiques à faible impact sur l’eau et les milieux aquatiques. Les formules doivent également limiter autant que possible les matières premières exotiques pour réduire l’empreinte carbone liée au transport, sauf lorsqu’aucune alternative locale équivalente n’existe (par exemple certaines huiles végétales spécifiques).

Avec la création du référentiel COSMOS, le standard BDIH a été en grande partie harmonisé avec les autres acteurs européens, mais le logo “cosmétique naturel contrôlé” reste un repère historique sur de nombreuses marques allemandes et européennes. Pour le consommateur, la présence du logo BDIH, seul ou accompagné de la mention COSMOS, signale un produit formulé selon des règles strictes de naturalité, de sécurité et de respect de l’environnement.

Analyse comparative des seuils de naturalité selon les organismes certificateurs

Face à la diversité des labels (COSMOS, Nature & Progrès, BDIH, Natrue, Cosmebio, etc.), il peut être utile de comparer les principaux seuils de naturalité et de bio. Même si chaque référentiel a ses nuances, certains indicateurs reviennent : pourcentage minimum d’ingrédients d’origine naturelle, part d’ingrédients végétaux bio, et restrictions sur les ingrédients controversés (silicones, PEG, polymères non biodégradables…).

Label / Référentiel Part d’ingrédients naturels Part de bio (ingrédients végétaux) Particularités environnementales
COSMOS Organic > 95% d’ingrédients naturels ≥ 95% des végétaux bio et ≥ 20% de bio sur la formule totale (hors eau et minéraux) Interdiction OGM, nanomatériaux, traitement au mercure, exigences fortes sur la biodégradabilité
COSMOS Natural > 95% d’ingrédients naturels Pas d’exigence chiffrée de bio, mais bio encouragé Mêmes contraintes de procédés et d’emballages que COSMOS Organic
Nature & Progrès 100% d’ingrédients conformes au cahier des charges Ingrédients végétaux obligatoirement bio, forte préférence pour la biodynamie Approche de filière (marque entière), critères sociaux et justice environnementale très poussés
BDIH (COSMOS) > 95% d’ingrédients naturels Similaire à COSMOS pour les produits “Organic” Accent historique sur la biodégradabilité et la limitation des matières exotiques

Au-delà des pourcentages, ce sont surtout les critères annexes qui font la différence : prise en compte du bien-être animal, du commerce équitable, des emballages ou encore de l’énergie utilisée pour la fabrication. Pour repérer un cosmétique réellement à faible impact environnemental, regarder uniquement la part de bio ne suffit pas : il faut aussi vérifier si le label couvre le cycle de vie complet du produit (formulation, emballage, transport, fin de vie).

Composition INCI : identification des ingrédients à impact environnemental réduit

Même avec un label, jeter un œil à la liste INCI reste un réflexe précieux pour évaluer l’impact environnemental d’un cosmétique. La nomenclature INCI, obligatoire, liste les ingrédients du plus présent au moins présent. En vous concentrant sur les cinq ou six premiers composants, vous pouvez déjà obtenir une bonne idée du “profil écologique” du produit : type de tensioactifs, solvants, huiles, polymères ou conservateurs utilisés.

De manière générale, plus la liste est courte et compréhensible, plus la formule est simple à produire, souvent plus facilement biodégradable et avec moins de risques de contenir des ingrédients problématiques (microplastiques, PFAS, filtres UV controversés, etc.). Les noms latins correspondent en général à des ingrédients végétaux (par exemple Cocos Nucifera Oil pour l’huile de coco), tandis que les longues dénominations chimiques peuvent signaler des molécules de synthèse à examiner de plus près.

Tensioactifs biodégradables versus sulfates conventionnels : analyse moléculaire

Les tensioactifs sont les molécules qui font mousser shampoings, gels douche et nettoyants visage. Ce sont aussi celles qui se retrouvent en premier dans les eaux usées. Les plus classiques, comme le Sodium Lauryl Sulfate (SLS) ou le Sodium Laureth Sulfate (SLES), sont efficaces et peu coûteux, mais leur mode de production et leur structure peuvent poser des problèmes d’irritation et de biodégradabilité partielle dans certains milieux.

À l’inverse, les tensioactifs dits “sucre” ou “amino-dérivés” (par exemple Coco-Glucoside, Decyl Glucoside, Sodium Cocoyl Glutamate) sont obtenus à partir de matières premières renouvelables comme l’huile de coco et les sucres végétaux. Leur structure est conçue pour être plus facilement biodégradable et moins agressive pour le film hydrolipidique de la peau. En simplifiant, on peut les comparer à des “savons doux” qui se décomposent plus vite dans l’environnement, là où les sulfates conventionnels se comportent parfois comme des “détergents industriels” persistants.

Pour repérer des cosmétiques à faible impact sur l’eau, privilégiez donc les formules où les premiers tensioactifs sont des glucosides, iséthionates ou glutamates d’origine végétale, et évitez les produits qui cumulent plusieurs sulfates ou contiennent, en plus, des polymères non biodégradables (comme certains Acrylates Copolymer ou C10-30 Alkyl Acrylate Crosspolymer).

Conservateurs naturels et systèmes de préservation écologiques alternatifs

Les conservateurs sont indispensables dès qu’une formule contient de l’eau, mais certains sont problématiques pour la santé et l’environnement (parabènes, phénoxyéthanol, isothiazolinones…). Un cosmétique écoresponsable va soit réduire la quantité de conservateurs nécessaires, soit opter pour des systèmes de préservation alternatifs. Comment ? En jouant sur le pH, en réduisant la teneur en eau, ou en utilisant des emballages airless qui limitent la contamination microbienne.

Parmi les conservateurs plus compatibles avec une démarche écologique, on retrouve par exemple le Sodium Benzoate, le Potassium Sorbate ou certains extraits végétaux riches en composés antimicrobiens. Des systèmes dits “auto-conservés” combinent plusieurs facteurs (pH acide, faible activité de l’eau, antioxydants naturels, alcool végétal dosé avec prudence) pour stabiliser la formule. Ces solutions restent techniquement exigeantes, mais elles permettent de réduire la dépendance à des molécules de synthèse persistantes dans l’environnement.

Pour vous, le bon réflexe est de repérer et d’éviter quelques grandes familles : phenoxyethanol, methylisothiazolinone et dérivés en -isothiazolinone, ou encore certains libérateurs de formaldéhyde. Si la liste INCI reste opaque, l’usage d’applications de décryptage (INCI Beauty, Yuka…) peut vous aider à repérer les conservateurs à risque et à comparer différents produits avant achat.

Émulsifiants d’origine végétale : alternatives aux dérivés pétrochimiques

Les émulsifiants permettent de mélanger eau et huile pour former crèmes et laits. De nombreux émulsifiants conventionnels sont issus de la pétrochimie ou contiennent des PEG/PPG (polyéthylène ou polypropylène glycol), dont la production génère des sous-produits indésirables et qui peuvent être peu biodégradables. Sur la liste INCI, ils se repèrent souvent par les mentions PEG-… ou PPG-….

Les émulsifiants d’origine végétale, eux, sont obtenus à partir de sucres, d’alcools gras et d’huiles végétales. Vous les verrez par exemple sous les noms Cetearyl Glucoside, Glyceryl Stearate Citrate, Sorbitan Olivate ou Cetearyl Olivate. Leur avantage ? Une meilleure compatibilité avec les peaux sensibles, une origine biosourcée et, souvent, une meilleure biodégradabilité. On peut les comparer à une “colle naturelle” qui maintient la formule sans laisser de traces persistantes dans l’environnement.

De plus en plus de marques de cosmétiques à faible impact sur la planète basent leurs crèmes et laits sur ces émulsifiants végétaux, parfois combinés à des beurres et cires naturelles. Pour faire un choix éclairé, vous pouvez donc privilégier les formules sans PEG ni silicones, où les émulsifiants sont clairement identifiés comme dérivés de sucres ou d’huiles végétales.

Parfums synthétiques versus huiles essentielles : évaluation de l’empreinte carbone

Le parfum est souvent perçu comme un détail, mais il peut peser lourd sur l’empreinte environnementale. Les parfums synthétiques, produits en laboratoire, sont parfois issus de la pétrochimie et peuvent contenir des composés peu biodégradables ou bioaccumulables. Cependant, ils demandent généralement moins de biomasse végétale que certaines huiles essentielles, qui nécessitent de grandes quantités de plantes pour produire de petits volumes, avec à la clé une consommation d’énergie et de ressources non négligeable.

Faut-il alors bannir totalement le synthétique ? La réponse est plus nuancée. Certains composés parfumants de synthèse, issus de la “chimie verte”, peuvent présenter une empreinte carbone comparable, voire inférieure, à celle d’huiles essentielles très gourmandes en ressources. À l’inverse, des huiles essentielles mal dosées peuvent être irritantes, allergisantes, et contribuer à une pression accrue sur certaines cultures (agrumes, bois précieux…). L’enjeu, pour un cosmétique écoresponsable, est donc d’utiliser le parfum avec parcimonie et transparence.

Dans une démarche à faible impact, beaucoup de marques font le choix de réduire l’intensité parfumée, d’utiliser des hydrolats ou des extraits aromatiques plus doux, ou encore de proposer des gammes sans parfum, notamment pour les peaux sensibles. Pour repérer ce type de produits, recherchez les mentions “sans parfum”, “sans allergènes étiquetables” ou des listes INCI où les huiles essentielles ne sont pas multipliées sans justification. Moins de parfum, c’est aussi moins de substances volatiles à produire, transporter et diffuser dans l’environnement.

Packaging écoresponsable : matériaux biosourcés et solutions de conditionnement durable

Dans le bilan environnemental d’un cosmétique, l’emballage représente en moyenne près de 20 % de l’impact total. Poids des matériaux, recyclabilité, distance parcourue : chaque choix compte. Les marques engagées vers des cosmétiques à faible impact sur la planète travaillent donc leur packaging avec une logique d’éco-conception : réduire, réutiliser, recycler, et de plus en plus, réincorporer des matières recyclées.

Concrètement, cela passe par des flacons plus légers, des formats concentrés, l’abandon des suremballages inutiles, l’utilisation de plastiques recyclés (PCR), de verre ou d’aluminium, et le développement de systèmes rechargeables. Pour vous, l’enjeu est de reconnaître ces efforts en un coup d’œil afin de privilégier les conditionnements les plus sobres et les plus faciles à recycler dans votre filière locale.

Plastiques recyclés PCR et bioplastiques : performances techniques comparées

Le plastique reste omniprésent dans la cosmétique, mais sa nature évolue. De plus en plus de flacons sont fabriqués en plastique recyclé post-consommation (Post-Consumer Recycled, PCR), comme le PET recyclé. L’avantage ? On limite la production de plastique vierge à base de pétrole, on valorise les déchets existants, et on réduit l’empreinte carbone globale du packaging. Le PCR conserve globalement de bonnes performances mécaniques et une compatibilité correcte avec la plupart des formules cosmétiques.

Les bioplastiques, eux, sont issus de ressources biosourcées (amidon, sucre de canne, etc.) et peuvent être soit compostables, soit simplement “biosourcés” sans être forcément biodégradables. Ils ne sont pas une solution magique : certains nécessitent des conditions industrielles de compostage rares, d’autres entrent en concurrence avec des cultures alimentaires. De plus, tous ne sont pas acceptés dans les filières de recyclage existantes, ce qui peut créer de la confusion au tri.

Pour choisir des cosmétiques à moindre impact, il est généralement plus pertinent de privilégier un plastique recyclé et bien standardisé (par exemple PET ou PEHD PCR) plutôt qu’un bioplastique exotique difficile à recycler. Vérifiez sur le flacon la mention “x % de plastique recyclé” et la présence des logos de tri, qui vous guident sur la bonne poubelle de recyclage.

Verre recyclé et aluminium : optimisation du ratio poids-protection

Le verre et l’aluminium sont souvent présentés comme des alternatives “nobles” au plastique. Ils ont en effet un atout de taille : ils se recyclent très bien, et théoriquement à l’infini, à condition d’être correctement collectés. Le verre protège aussi très bien les formules sensibles à l’oxydation, tandis que l’aluminium est léger et résistant. Mais leur production initiale est énergivore, et le poids du verre peut fortement alourdir l’empreinte carbone en transport.

La clé, pour ces matériaux, est le ratio poids-protection. Un pot de crème en verre très lourd pour 50 ml de produit n’a pas le même impact qu’un flacon en verre allégé ou qu’un tube aluminium léger. Plus l’emballage est lourd par rapport à la quantité de produit, plus les émissions de transport augmentent. L’idéal est donc un matériau recyclable, léger, et si possible contenant une part importante de matière recyclée (verre recyclé, aluminium recyclé).

Vous pouvez garder ce réflexe simple : à contenance équivalente, préférez les contenants les plus légers et, lorsqu’ils sont en verre ou aluminium, vérifiez la présence de mentions telles que “verre recyclé” ou “aluminium recyclé”. Et, bien sûr, assurez-vous de pouvoir les trier dans votre filière locale.

Recharges et formats concentrés : calcul de réduction d’empreinte packaging

Les systèmes rechargeables et les formats concentrés sont parmi les leviers les plus efficaces pour réduire l’empreinte packaging d’un cosmétique. Une recharge de crème ou de shampooing solide permet de réutiliser le contenant principal plusieurs fois, réduisant ainsi de 50 à 80 % la quantité de matériau consommé sur la durée de vie du produit. C’est un peu comme acheter des “recharges d’encre” plutôt que de changer d’imprimante à chaque fois.

Les formats concentrés (shampoings solides, gels douche concentrés, poudres à reconstituer) réduisent aussi le volume d’eau transporté, donc le poids et le volume logistique. Plusieurs analyses de cycle de vie (ACV) montrent qu’un shampoing solide équivaut à deux ou trois bouteilles liquides, avec un emballage bien plus minimaliste, souvent en carton recyclé. Résultat : moins de matériaux, moins de camions, moins d’espace de stockage chez vous.

Pour évaluer l’intérêt environnemental d’un système rechargeable, vous pouvez vous poser une question simple : “Combien de fois vais-je réellement recharger ce produit ?”. Si vous n’utilisez la recharge qu’une seule fois, le bénéfice reste limité. Mais si vous l’utilisez 3, 4, 5 fois ou plus, le gain en ressources et en émissions devient significatif.

Étiquetage et adhésifs sans solvants : technologies d’impression écologique

On y pense moins, mais les étiquettes, encres et adhésifs ont aussi un rôle dans la recyclabilité et l’impact global d’un packaging. Les colles à base de solvants ou les encres contenant des métaux lourds compliquent le recyclage et peuvent générer des émissions volatiles lors de l’impression. À l’inverse, les adhésifs à base d’eau, les encres végétales ou à faible teneur en solvants, et les étiquettes facilement séparables du support facilitent le travail des centres de tri.

Les marques de cosmétiques à faible impact sur la planète adoptent de plus en plus des technologies d’impression “low impact” : encres certifiées pour le contact indirect avec les denrées, procédés numériques à faible gâche, optimisation des surfaces imprimées. Certaines choisissent de limiter au maximum la surface d’étiquetage, voire de graver directement des informations sur le verre ou l’aluminium pour réduire les matériaux annexes.

Pour le consommateur, ces efforts restent souvent invisibles, mais vous pouvez repérer certaines mentions comme “encres végétales” ou “impression sans solvants”. À défaut, une règle-pratique reste valable : plus l’emballage est simple (moins de couches, moins de décorations complexes), plus il a de chances d’être bien recyclé.

Supply chain et traçabilité : circuits d’approvisionnement à faible empreinte carbone

Au-delà de la formule et du packaging, l’impact d’un cosmétique dépend aussi de la façon dont les ingrédients sont sourcés et acheminés. Une même huile végétale peut avoir un bilan carbone très différent selon qu’elle provient d’une petite coopérative à quelques centaines de kilomètres ou d’une monoculture intensive à l’autre bout du monde, transportée par avion. C’est là qu’interviennent les notions de circuit court, de commerce équitable et de traçabilité.

Les marques engagées dans une supply chain à faible empreinte carbone travaillent sur plusieurs leviers : privilégier des ingrédients locaux ou régionaux quand c’est possible, optimiser les volumes transportés (éviter les petits lots répétés), recourir davantage au maritime ou au ferroviaire qu’à l’aérien, et regrouper la fabrication au plus près des marchés de consommation. Certaines réalisent un Bilan Carbone complet pour identifier les postes les plus émetteurs et mettre en place des plans de réduction.

Comment, de votre côté, repérer ces efforts ? En vous intéressant à la transparence de la marque. Celles qui publient des informations sur l’origine de leurs matières premières, sur leurs partenariats avec des coopératives, sur leur recours ou non au transport aérien, envoient un signal fort. Des labels comme Fair for Life ou certains volets de COSMOS et Nature & Progrès intègrent d’ailleurs des critères sociaux et de commerce équitable qui encouragent des filières plus justes et souvent plus sobres en carbone.

Tests d’efficacité et méthodologies d’évaluation environnementale des cosmétiques

Évaluer un cosmétique à faible impact ne se limite pas à sa composition : encore faut-il mesurer son efficacité et sa performance environnementale sur l’ensemble de son cycle de vie. C’est le rôle de deux grandes familles d’outils : les tests d’efficacité et de sécurité d’une part, l’Analyse de Cycle de Vie (ACV) et le Bilan Carbone d’autre part. Ces approches permettent de vérifier qu’un produit tient ses promesses pour la peau tout en limitant ses impacts sur la planète.

Côté efficacité, les marques sérieuses réalisent des tests cliniques ou sous contrôle dermatologique, des mesures instrumentales (hydratation, élasticité, brillance des cheveux, etc.) et des tests d’usage. Plus un produit est efficace et concentré, moins vous aurez besoin d’en utiliser, ce qui réduit indirectement son impact global (moins de quantité produite, moins d’emballages, moins de transports). À condition, bien sûr, de ne pas multiplier les produits superflus dans votre routine.

Sur le plan environnemental, l’ACV examine chaque étape du cycle de vie : extraction des matières premières, production, transport, usage (y compris l’eau chaude consommée sous la douche), fin de vie du produit et de l’emballage. Elle met en lumière des impacts parfois contre-intuitifs : par exemple, l’usage (et notamment l’eau chaude) peut représenter jusqu’à 40 % de l’empreinte environnementale d’un gel douche ou d’un shampooing. Certaines marques commencent à communiquer ces résultats via des éco-scores ou des notations environnementales sur leurs sites et, progressivement, sur leurs emballages.

Pour vous, l’enjeu est de privilégier les marques qui publient des données ou des engagements chiffrés (réduction de x % des émissions en 5 ans, pourcentage de packagings recyclables, etc.), plutôt que des slogans vagues du type “éco-friendly” sans preuve. Plus la méthodologie est claire, plus vous pouvez avoir confiance dans la réalité de la démarche.

Marques pionnières et innovations technologiques en cosmétique durable

Enfin, repérer des cosmétiques à faible impact sur la planète, c’est aussi suivre de près les marques pionnières et les innovations qui font évoluer tout le secteur. Certaines entreprises misent sur des formules ultra-courtes à base de quelques ingrédients bruts (huiles végétales, beurres, hydrolats), d’autres sur des solutions de chimie verte pour créer de nouvelles molécules biodégradables, issues de co-produits agricoles ou de l’économie circulaire.

On voit par exemple émerger des actifs obtenus par fermentation, des solvants biosourcés remplaçant progressivement les solvants pétrochimiques, ou encore des ingrédients issus de résidus de l’industrie agroalimentaire (pépins de fruits, marcs de café, etc.). Côté packaging, les recharges, les formats solides, les dispositifs de consigne et les programmes de collecte/recyclage en boutique ou par la poste se multiplient, ouvrant la voie à des modèles plus circulaires.

En tant que consommateur, vous avez un véritable pouvoir d’orientation : en choisissant des marques transparentes, labellisées, qui innovent sur la formulation, l’emballage et la logistique, vous envoyez un signal fort au marché. Poser des questions, lire les listes INCI, utiliser les applis de décryptage, comparer les engagements : toutes ces démarches, mises bout à bout, permettent de distinguer les simples discours marketing des engagements concrets en faveur de cosmétiques vraiment à faible impact sur la planète.